faudot2017Par Bastien Faudot, candidat du MRC à l’élection présidentielle de 2017.
Sous la pression de la mobilisation sociale, le gouvernement annonce le retrait de certaines des dispositions les plus contestées de sa réforme du code du travail. Exit le plafonnement des indemnités prudhommales, qui ne serait plus qu’indicatif. Le gouvernement abandonne également les mesures concernant la durée maximale de travail, l’astreinte, le temps de travail des apprentis. Certaines propositions seront mieux encadrées, à l’instar du forfait jour accessibles pour les TPE et PME. Mais l’incertitude demeure quant à la facilitation des licenciements économiques. Et si de nouveaux droits pour les salariés sont à l’agenda, il reste que ces nouveaux droits sont largement fictifs en l’absence de décision concernant leur financement.
La flexibilité ne peut être la norme
Difficile donc de considérer comme suffisants ces aménagements, d’autant plus que l’esprit de la loi travail demeure. L’esprit de la loi travail, c’est la possibilité pour les entreprises d’aménager le droit du travail de façon dérogatoire par des accords d’entreprises ou de branches. Il est ainsi toujours possible, par accord d’entreprise, de moduler le temps de travail sur une période de trois ans. Mais que vaut le dialogue social dès lors que sévit dans le pays un chômage de masse et que les organisations syndicales restent faibles voire absentes au sein de nombreuses entreprises ? Loin de la « décentralisation » vantée par le Premier ministre, le chantage à l’emploi deviendrait demain la norme.

« Sous la pression des institutions européennes et du lobbying du MEDEF, le gouvernement continue à croire que la flexibilité peut créer de l’emploi. »

Sous la pression des institutions européennes et du lobbying du MEDEF, le gouvernement continue à mener la politique de la postdémocratie : alors que les salariés ont besoin de protection et de règles claires face à la mondialisation et à la concurrence déloyale, il continue à croire que la « flexibilité » peut créer de l’emploi et que la compétitivité peut relancer la croissance. Il en va de même pour les petits patrons, soumis à la pression des grands groupes et des banques. Les contre-exemples de nos voisins européens montrent pourtant que l’on obtient avec les plans de déflation salariale rien d’autre qu’une course au moins-disant social qui pèse sur l’activité économique.

Reconquérir notre souveraineté économique pour permettre la transformation sociale

Je renouvèle les propositions que je porte pour une autre politique du travail. Les accords d’entreprises doivent toujours rester plus favorables que la loi et les accords de branche. Les salariés doivent avoir une présence et un pouvoir significatifs dans les conseils d’administrations. Les règles de licenciements économiques doivent prendre en compte le niveau de dividendes versés. La lutte contre le burn out doit devenir une priorité. Exiger le retrait du texte est un impératif qui demeure aujourd’hui.

L’urgence pour notre vie économique, pour les salariés, pour les petites entreprises, c’est de séparer le MEDEF de l’État. C’est de reconquérir notre souveraineté économique pour permettre le redressement de l’activité. C’est de retrouver la maîtrise de notre monnaie et de notre budget en nationalisant l’euro. Il n’y a pas de projet de transformation sociale qui vaille sans souveraineté nationale et populaire.

Loi travail : et si on séparait le MEDEF de l’État ?