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Par Bastien Faudot, Porte-parole du Mouvement Républicain & Citoyen.

Une fois de plus, Jean-Pierre Chevènement a choisi de mettre en concordance ses actes et ses convictions. Constatant son désaccord avec l’orientation politique choisie par 85% des militants du MRC, il a préféré se retirer, refusant d’être engagé par une orientation qu’il ne partageait pas.
Lors de notre congrès le week-end dernier à Paris, nous avons confirmé l’inscription du MRC sur la gauche de l’échiquier politique et exprimé la volonté de présenter un candidat issu de nos rangs à la prochaine élection présidentielle afin de défendre nos idées, et de nous adresser directement aux citoyens.
Jean-Pierre Chevènement privilégiait pour sa part une approche visant à constituer une coalition par dessus la droite et la gauche, de Dupont-Aignan à Mélenchon. Sa décision, annoncée par la lecture de sa lettre à la tribune, a pu susciter de l’incompréhension parmi les congressistes mais n’a pas provoqué de drame. Homme libre, exerçant son indépendance en toutes circonstances, Jean-Pierre Chevènement continuera d’agir avec la ténacité et l’exigence qu’on lui connaît. Si Mélenchon et Dupont-Aignan ont répondu défavorablement à son appel, il ne renoncera pas à emprunter la voie qu’il croit être la plus juste pour la France.
Pour le MRC, une page se tourne et non des moindres. Son choix nous condamne à être à la hauteur de l’orientation définie par les militants et à poursuivre notre route sans lui. C’est sans doute sévère au plan humain, car la politique, ce sont aussi des relations, de l’affection, des souvenirs de combats communs. Mais son départ ne rompt pas les liens de l’amitié. Je suis convaincu que nos chemins se rencontreront bientôt.
A titre personnel, cet événement n’est pas d’anodin. C’est Jean-Pierre qui a été, il y a 15 ans, au principe de mon engagement politique, à travers la lecture de ses livres. J’étais alors étudiant à Paris et Belfort évoluait sous son impulsion. Lorsqu’il me sollicita en 2010 dans son bureau du Sénat pour revenir m’installer et m’engager dans ma ville natale, j’ai tout de suite accepté. Par volonté et attachement pour Belfort d’abord. Un peu aussi parce que la proposition venait de lui.
La responsabilité qui nous incombe nous demande une rude tâche, au plan national comme à Belfort. Avec mes amis et camarades, j’entends l’accomplir dans la fidélité aux idées qu’il nous a enseignées.

Jean-Pierre Chevènement, le choix du départ