mrcCommuniqué de Jean-Luc Laurent, président du MRC et député du Val-de-Marne, dimanche 29 mars 2015.
Jacques Lacan disait que « le réel, c’est quand on se cogne ». Après un premier tour embrumé de présentations astucieuses des résultats, de commentaires sur les sondages et de postures politiques, le second tour des élections départementales livre la vérité de ce scrutin : une défaite majeure pour la gauche qui connaît un recul historique et un affaiblissement plus fort que le simple effet essuie-glace qui annulerait simplement les victoires des années 2000. Éliminée dès le premier tour dans un quart des cantons, la gauche est en voie de marginalisation face à une droite ressoudée et un Front National dont la dynamique doit inquiéter tous les démocrates.

Orpheline des promesses de 2012, la gauche dans son ensemble (qu’elle soit gouvernementale, critique, frondeuse, libre ou d’opposition) est en péril, à moins de deux ans de la fin du mandat de François Hollande. Pour redresser la situation et reconquérir la confiance des citoyens, trois options sont interdites au Président de la République : le replâtrage gouvernemental factice de la gauche, l’immobilisme providentiel qui escompte tout du retour miraculeux de la croissance et de l’emploi et l’accélération des « réformes » libérales. Ces trois options, plus ou moins combinables, seront perdantes pour la gauche et pour le pays. Le Mouvement Républicain et Citoyen n’appuiera aucune des trois.

Le printemps connaitra de nombreux débats européens, avec des décisions importantes dans le cadre du « semestre budgétaire européen » ou l’examen de la situation de la Grèce. A cette occasion la France doit faire preuve d’insoumission, et adopter une politique budgétaire réaliste et affranchie du traité européen TSCG. Depuis 2012, la France se comporte vis-à-vis de l’Allemagne, comme le SPD vis-à-vis de la CDU: une force d’appoint.

Un plan de compétitivité est indispensable mais il ne réussira pas dans le carcan budgétaire de Bercy, de Bruxelles et de Berlin. Le Président de la République a le choix entre l’insoumission ou la disparition. La France a de grands défis à relever. Les attentats de janvier ont montré l’ampleur des fractures qui traversent notre nation. Le sursaut républicain sera impossible sans Etat, sans souveraineté, sans autorité.

Élections départementales : la gauche se cogne