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L’annonce par Asltom de la fermeture du site de production de Belfort est un traumatisme pour la ville où je vis et pour les salariés de l’usine qui est située sur mon canton. Cette décision relève du mépris.
Mépris de la société Alstom pour Belfort et ses habitants. Berceau de l’entreprise, la ville de Belfort s’est toujours engagée, malgré les difficultés, pour maintenir la production de motrices de haute technologie qui font la fierté de toute une région, mais au-delà, de la France entière. Ce sont des politiques publiques mises en œuvre depuis longtemps, avec le soutien indéfectible des élus qui ont conduit le destin de la ville autour de Jean-Pierre Chevènement dès la grande grève de 1979.

Alstom a encaissé 10 milliard contre l’engagement de garder le site belfortain
Mépris aussi pour les salariés de l’entreprise et leurs familles, auxquels je veux apporter mon soutien. Le facteur humain est aujourd’hui broyé par le modèle libéral qui n’a qu’une obsession : le profit à court terme. Cette décision est d’autant plus indécente que la vente de la partie énergie à Général Electric a permis à Alstom d’encaisser 10 milliards d’euros contre l’engagement exprimé à plusieurs reprises de maintenir le site belfortain. On voit aujourd’hui ce qu’il reste de ces promesses en carton pâte !
Alstom a souffert de la stratégie déployée par ses dirigeants depuis longtemps, mais aussi de l’indifférence des responsables politiques de gauche comme de droite qui ont renoncé à mener une vraie politique industrielle nationale et à s’en donner les moyens. Sous prétexte de modernité, ceux qui se sont succédés au pouvoir depuis trente ans sont complices de la liquidation de nos fleurons industriels les uns après les autres.

L’agitation et les opérations de com’ ne suffisent pas à mener une politique au service de son pays
Nos ministres de l’Economie successifs, Arnaud Montebourg et Emmanuel Macron, portent une responsabilité particulière dans le dépeçage du site belfortain, eux qui se sont contentés d’accompagner la vente sans condition d’Alstom power à Général Electric. L’agitation et les opérations de com’ ne suffisent pas à mener une politique au service de son pays. Le patriotisme économique exige des actes plus que des paroles. À commencer par exiger de la SCNF, dont l’État est l’unique actionnaire, qu’elle privilégie l’achat de matériel Français. Le marché de 140 millions d’euros passé le mois dernier avec le constructeur allemand Vossloh constitue une trahison.
Dans les prochaines semaines, je serai évidemment aux cotés des salariés du site pour défendre l’emploi et la production à Belfort.

 

Bastien Faudot : « Alstom : le mépris ! »