LE PARISIEN | 26 Nov. 2014

«  On ne comprend pas la question et on n’en connaît pas les conséquences. Cela pose un vrai problème démocratique ». Lundi soir, Vincent Paul-Petit (UMP), maire de Seine-Port et vice-président de la communauté d’agglomération Melun Val de Seine (CAMVS) a résumé le malaise des élus.
Pendant presque deux heures, ils ont débattu sur l’avis à donner au projet de schéma régional de coopération intercommunale d’Ile-de-France. En clair, le préfet de région propose à la CAMVS de s’étoffer avec l’intercommunalité de Seine-Ecole (Saint-Fargeau-Ponthierry et Pringy) afin de former un territoire de 125 000 habitants. Mais il envisage aussi le regroupement de Sénart avec des communautés d’agglomération de l’Essonne, soit un ensemble de 533 000 habitants. Une décision qui va à l’encontre de tout ce que la CAMVS a bâti avec la ville nouvelle de Sénart (Citalien et Tzen côté transports, futur hôpital public privé, grands projets du contrat de plan Etat-région, pôle industriel de Melun-Villaroche, etc.)L’union avec Sénart mal engagée

« Quelle mouche a piqué le préfet de région pour ne pas suivre l’avis de l’ex-préfète Nicole Klein ( NDLR : qui avait proposé de regrouper la CAMVS avec Seine-Ecole et les communes seine-et-marnaises de Sénart), mais surtout dépecer notre département en annexant Sénart à l’Essonne ? », a lancé Henri Mellier, 13e vice-président de la CAMVS, qui reconnaît « la patte » du Premier ministre, ancien député-maire d’Évry. « Sur l’ensemble de la carte proposée par le préfet, je comprends qu’on vote contre. Mais ce soir, on vote pour ce qui nous concerne : le rattachement de Seine-Ecole », précise le président Louis Vogel (UMP). Le hic : de son côté, Sénart a voté contre la proposition du préfet de région, mais aussi contre une fusion avec la CAMVS. « Si nous restons seuls avec Seine-Ecole, nous risquons d’être absorbés par un autre grand ensemble. Nous proposons donc de développer nos liens avec Sénart et de trouver d’autres partenaires. Notre stratégie serait bâtie sur trois axes : le tourisme, le développement économique et industriel avec le pôle de Melun-Villaroche, et l’université », insiste Louis Vogel.

Pas de quoi convaincre l’opposition, notamment le nouveau groupe « Pour l’agglo, un souffle nouveau » qui réunit les élus PS et a rendu un avis défavorable. « Ce soir, on se prononce sur l’ensemble. En votant pour, vous proposez une vision étriquée de l’agglo. Plus grave, vous acceptez que Sénart, une partie du territoire seine-et-marnais et sa substance la plus dynamique, soit rattachée à l’Essonne », s’insurge Jean-Pierre Guérin (PS). Leur groupe propose un amendement qui donne notamment mandat à Louis Vogel pour engager un dialogue avec le San de Sénart et Seine-Ecole. Le groupe de la Gauche républicaine et citoyenne, lui, dénonce l’absence de concertation avec la population. Au final, les élus ont rendu un avis favorable par 70,15 % des voix.

Sénart : Intercommunalités géantes, c’est le flou